JUPITER et JEDI - L'Europe dans l’efficacité énergétique des superordinateurs

L'Union Européenne se vante souvent de ses ambitions en matière de transition écologique. Bien qu'il y ait eu des réactions politiques contre la décarbonisation dans plusieurs secteurs, un domaine semble indéniablement réussir, l'efficacité énergétique de ses superordinateurs EuroHPC.


Le premier superordinateur Exascale de la coentreprise européenne, JUPITER, est en cours de construction au Forschungszentrum Jülich en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne. Son premier module précurseur, nommé JEDI, a été installé en avril. Ce choix de nom, bien qu'évidemment destiné à plaire aux fans de science-fiction, aurait dû être révélé le 4 mai, jour international de Star Wars. Au-delà de ce nom accrocheur, le Jupiter Exascale Development Instrument (JEDI) a récemment été classé premier sur la liste Green500 des superordinateurs les plus écoénergétiques au monde. Ce classement met en lumière l'importance de l'efficacité énergétique dans le secteur des centres de données, connus pour consommer des quantités massives d'énergie. Avec la demande croissante de calculs pour l'entraînement et l'exécution de l'intelligence artificielle, il est impératif que les nouveaux projets de superordinateurs soient évalués en fonction de leur consommation. Selon Rene Haas, PDG d'Arm, l'IA pourrait consommer autant d'électricité que l'Inde d'ici 2030. Les superordinateurs, essentiels pour former les modèles de pointe, doivent donc être responsables de leur empreinte énergétique.


Le classement Green500, dérivé de la liste semestrielle Top500, évalue les systèmes en fonction de leur efficacité énergétique. Nvidia, avec ses unités de traitement graphique (GPU), le domine. Le module JEDI utilise le Superchip GH200 Grace Hopper de la marque, combinant les architectures GPU et CPU, ainsi qu'un système de refroidissement par eau chaude direct, partie intégrante de l'architecture Eviden BullSequana XH3000, qui consomme beaucoup moins d'énergie que le refroidissement par air traditionnel. Une fois achevé, le système JUPITER comprendra 24 000 puces Nvidia Grace Hopper, 125 racks BullSequana XH3000, et dépassera le seuil d'un exaflop (un quintillion d'opérations en virgule flottante par seconde). Pour les calculs en 8 bits, couramment utilisés pour l'entraînement de l'IA, la puissance de calcul atteindra plus de 70 exaflops. Ce système, qui sera opérationnel début 2025, deviendra le plus puissant au monde en matière d'IA. Toutefois, comme le disait si bien Maître Yoda, "toujours en mouvement est l'avenir."

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