Meta fait face à une plainte concernant son abonnement payant sans publicité

La récente tentative de Meta de contourner les règles de confidentialité de l'UE, en offrant aux utilisateurs le choix entre un abonnement mensuel payant pour un accès sans publicité ou en acceptant de renoncer à leurs droits à la vie privée pour un accès gratuit, a déclenché une plainte déposée par le groupe Noyb en Autriche. 



Meta a récemment mis en place un modèle d'abonnement sans publicité pour les utilisateurs européens, avec un coût initial de 9,99 €/mois sur le Web ou 12,99 €/mois sur iOS et Android par compte Facebook et Instagram lié. Des frais supplémentaires de 6 €/mois sur le Web et de 8 €/mois sur iOS et Android devraient s'appliquer pour chaque compte supplémentaire à partir du mois de mars de l'année prochaine.


Noyb, une organisation de protection de la vie privée similaire à la Quadrature du Net, affirme que le coût de l'abonnement est disproportionné par rapport à la valeur que Meta tire du suivi des utilisateurs en Europe. Ils citent les propres données de l'entreprise, qui indiquent que le revenu moyen par utilisateur entre le troisième trimestre 2022 et celui de 2023 n'était que de 16,79 dollars. Ce chiffre équivaut à un revenu annuel de 62,88 € par utilisateur, alors que l'abonnement coûte près de 120 € par an, pouvant atteindre plus de 250 € pour les personnes disposant à la fois d'un compte Facebook et Instagram.


Le plaignant dans le cas de l'Autriche est en difficulté financière et reçoit une allocation chômage, ce qui indique qu'il ne peut pas se permettre de payer des frais aussi élevés pour protéger sa vie privée. Noyb affirme que si d'autres créateurs d'applications adoptaient une approche similaire, ce coût augmenterait, ce qui pourrait entraîner une « redevance relative aux droits fondamentaux » qui pourrait s'élever à plusieurs milliers d'euros par an pour l'utilisateur moyen. L'organisme suggère que Meta a intentionnellement créé une arnaque à la confidentialité pour maintenir sa capacité à suivre et à profiler les personnes utilisant ses services, malgré leur volonté de payer pour protéger leur vie privée. Cette approche peut violer le règlement général sur la protection des données (RGPD) de l'Union Européenne, qui exige que le consentement soit librement donné.

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